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| Titre : | La "grande transmision" : héritages, fiscalité et égalité des chances (2026) |
| Auteurs : | Hippolyte d' Albis, Auteur |
| Type de document : | Article : texte imprimé |
| Dans : | Futuribles (N° 474 Sept - Oct 2026) |
| Article en page(s) : | p. 5-20 |
| Langues: | Français |
| Mots-clés: | la grande transmission " : héritages, fiscalité et égalité des chances : génération : Seconde Guerre mondiale : baby-boomers : pension de retraite : dépenses de santé : l'allongement de leur durée de vie : transmission de patrimoine : décès : France : transfert de richesse : observateurs économiques : fiscalité sur les succesions |
| Résumé : |
La génération née après la Seconde Guerre mondiale - les fameux baby-boomers - pèse actuellement très lourd dans le déficit public français, en raison notamment du coût des pensions de retraite versées à cette population bien plus nombreuse que ses descendants censés les financer, et des dépenses de santé qui accompagnent l'allongement de leur durée de vie. Pourrait-elle renverser la situation d'ici 15-20 ans au fil de sa disparition progressive, grâce à la transmission de son patrimoine au (ou à proximité du) décès ?
Certaines estimations avancent que dans les 15 prochaines années, la France pourrait connaître le plus grand transfert de richesse de son histoire récente, avec plus de 9000 milliards d'euros de patrimoine détenu par les plus âgés qui seraient transmis à leurs enfants. C'est ce mouvement que l'on qualifie aujourd'hui de "grande transmission", qui nourrit pas mal d'espoirs parmi les observateurs économiques. Ces espoirs sont-ils justifiés ? Cette "grande transmission" (par l'héritage ou la fiscalité sur les successions, notamment) est-elle de nature à freiner la spirale de l'endettement public, à redonner des marges de manœuvre à l’État pour investir dans l'avenir et remédier aux inégalités sociales ? Rien n'est moins sûr, comme le montre ici Hippolyte d'Albis. tout d'abord parce que le volume des transferts de patrimoine sera sans doute inférieur à ce qui est escompté ; ensuite parce qu'il y a peu de chances que l'on puisse en faire une "manne fiscale" ; enfin parce que la reproduction des inégalités intervient dès le début de la vie, donc bien avant d'éventuels héritages qui, s'ils se concrétisent, surviennent généralement trop tard pour que cela change le destin des héritiers. Pour favoriser l'égalité des chances dans une société, il faut agir très tôt dans le cycle de vie des individus, rappelle l'auteur, et les politiques publiques qui s'y emploient "ne reposent pas sur l'hypothèse d'une augmentation future des transmissions patrimoniales ni sur l'existence d'une ressource exceptionnelle susceptible de résoudre spontanément les difficultés collectives. Elles supposent des investissements continus, des institutions efficaces et une action publique inscrite dans la durée." |




