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Résumé :
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Un dialogue de Mikel Dufrenne avec les théories de l'Einfühlung et les développements formalistes de la Kunstwissenschaft sous-tend les pages qu'il a dédiées à l'histoire de l'esthétique. L'objectif de cet article est de reconstituer ce dialogue, au prisme de l'opposition que le phénoménologue construit entre les "esthétiques subjectivistes" et les "esthétiques objectivistes". Nous montrerons qu'un premier élément d'affinité est constitué par l'attention que Dufrenne porte à l'historicité, en réponse à la négligence dans laquelle la phénoménologie a souvent relégué les dynamiques historiques et sociales sous-jacentes aux codes perceptifs des œuvres. La différence la plus importante réside cependant dans le fait que Dufrenne, plus sceptique dans la description d'une histoire des styles, parvient à expliquer la relative indépendance des objets esthétiques par rapport à l'histoire événementielle en recourant à un concept attestable et défini (celui d'a priori affectif), alors que les théories de la Kunstwissenschaft, plus précises dans l'esquisse dune histoire des styles, recourent à des principes plus vagues et généraux (comme la notion de Kunst-wollen chez Riegl ou celle de Weltgefühl chez Worringer) pour expliquer les changements historiques dans le style des œuvres. On s'arrêtera enfin sur ce qui pousse Dufrenne à critiquer à la fois les théories subjectivistes de l'art, les théories formalistes et les approches scientifiques de l'histoire de l'art : leur incapacité à reconnaître dûment la corrélation phénoménologique entre le sujet et l'objet. De ce point de vue, il s'agirait d'approches théoriques qui ne seraient pas tant erronées que partielles.
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