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Résumé :
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Bien que très peu relevé, le rapport d'Ingarden à l'héritage de la Kunstwissenschaft est à la fois précoce et paradoxal. Précoce, car il traverse discrètement la genèse et l'évolution de l'esthétique du phénoménologue polonais depuis ses premiers écrits de 1927-1928 sur l’œuvre littéraire. Paradoxal, puisque ses traces n'apparaissent que sporadiquement, à la faveur de quelques notes et remarques incidentes, avant de recevoir une formulation concise et synthétique dans deux conférences entre 1968 et 1969. Ce rapport n'en reste pas moins décisif, dans la mesure où il permet à Ingarden de procéder à une double opération : d'une part, situer la science générale de l'art sur l'échiquier historique des esthétiques philosophiques, et identifier d'autre part la différence spécifique de ses propositions épistémologiques par rapport à l'esthétique phénoménologique. Or, étudier de près les propos d'Ingarden, il apparaît que le rapport de symétrie ni d'une complémentarité, mais plutôt d'une ambivalence. Nous tenterons de reconstituer la compréhension de la Kunstwissenschaft que les textes d'Ingarden dessinent ensemble, et de déplier d'autre part ses présupposés pour en cerner l'ambivalence au sein du programme de son esthétique phénoménologique.
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