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Résumé :
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Cet article se propose d'examiner les ressorts implicites ayant conduit 'historien de l'art et philosophe des sciences Edgar Wind à rejeter la phénoménologie husserlienne, et à lui préférer, pour l'étude des phénomènes sensibles, une "science de l'art" (Kunstwissenschaft) tournée vers l'analyse des œuvres singulières dans le contexte global de leur culture. L’œuvre d'art, dans sa simplicité symbolique, résiste en effet selon lui à toute tentative de réduction eidétique, si bien qu'elle se pose comme le paradigme de l'impureté inhérente à toute expérience humaine. Cette impureté est proprement indépassable : elle engage la pensée à se mettre sans cesse à l'épreuve des choses, à mettre en tension le sensible et l'intelligible, l'affectif et le cognitif, en vue de leur enrichissement mutuel. Ce faisant, Wind redonne toute sa place et sa profondeur à l'esthétique, entendue comme science générique de la sensibilité, nous invitant par là-même à redéfinir ses rapports avec la phénoménologie.
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