|
Résumé :
|
Proposer une phénoménologie de l'historicité de l'art suppose de confronter les concepts opératoires husserliens à ceux de deux grandes figures de l'histoire de l'art : Riegl et Panofsky. Cela invite à penser simultanément l’œuvre d'art comme une idéalité sui generis et l'historicité des styles qui rendent cette idéalité visible. Pour ce faire, je mobilise la notion de maniérisme, entendue à la fois comme moment historique et comme configuration intentionnelle spécifique. Dans le sillage des travaux d'historiens familiers de Husserl, j'en propose un élargissement en me fondant sur les analyses husserliennes. L’œuvre d'art y apparaît comme un "objet dans son comment", inséparable des modalités de son apparaître. Cela me conduit à explorer une analogie rarement commentée, par laquelle Husserl compare la cohérence interne d'un tableau à celle d'une surface de Riemann : il s'agit de penser l'unité de l’œuvre comme une continuité stratifiée, où plusieurs dimensions intentionnelles s'articulent selon un principe de liaison interne, sans réduction à un parcours linéaire. Cette analogie éclaire le mode d'unité dynamique propre à l’œuvre d'art, telle que la phénoménologie en permet la description rigoureuse.
|