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Résumé :
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Cet article s'intéresse aux cérémonies de fin de vie développées par les intervenants en soins spirituels (ISS) dans les institutions de santé québécoises. Dans un contexte marqué par la sécularisation, le pluralisme religieux et l'individualisation des croyances, les ISS sont appelés à accompagner des familles qui ne partagent plus nécessairement un même langage religieux pour penser la mort. A partir d'une enquête ethnographique menée auprès de vingt-huit ISS et de l'observation de cérémonies de fin de vie en milieu hospitalier, l'article examine les modèles rituels non confessionnels qu'ils ont développés. L'analyse montre que ces rites reposent moins sur la transmission d'un contenu doctrinal que sur un travail de médiation relationnelle. Structurées selon la logique du rite de passage, les cérémonies accompagnent la transformation symbolique du mourant en réorganisant progressivement ses relations avec ses proches puis en l'inscrivant dans un ordre cosmologique. En mobilisant la théorie relationnelle du rite de Michael Houseman, l'article met en lumière l'émergence d'une expertise rituelle spécifique aux ISS, fondée sur leur capacité à concevoir, adapter et mettre en œuvre des dispositifs symboliques capables de soutenir l'expérience du mourir dans un contexte non confessionnel. Ces pratiques témoignent d'une recomposition contemporaine des ritualités entourant la mort au sein des institutions de santé.
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