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Résumé :
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Dans le Tractatus theologico-politicus (1670), Spinoza s'en prend frontalement à l'idée, véhiculée par d'innombrables autorités dans la piété populaire et soutenue par certains de ses prédécesseurs philosophiques, que la prophétie et la connaissance révélée sont des modes extraordinaires de savoir. Bien que ses cibles incluent sans aucun doute des penseurs chrétiens, c'est la théorie de la prophétie de Maïmonide, avec ses emprunts reconnaissables à al-Farabi et Avicenne, qui est sa cible la plus manifeste. Spinoza rejette la cosmologie émanatiste qui fonde la prophétologie des philosophes médiévaux. Loin de concevoir la prophétie comme un épanchement de l'intelligibilité céleste ou divine via l'intellect agent qui se manifesterait au prophète et aux autres sous forme d'expressions imaginatives, Spinoza soutient dans le chapitre I du TTP que le prophète ne possède qu'une "imagination plus vive", et non pas "un esprit plus parfait". La prophétie, selon lui, n'offre donc que des leçons d'ordre éthique et politique. Les prophètes conseillent et légifèrent, comme tous les humains, à partir de fins imaginées et selon des modalités imaginatives. En tant qu'elle est une forme de connaissance imaginative, la prophétie est politiquement utile, voire nécessaire dans certaines circonstances, pour susciter la dévotion et l'obéissance civiques. Elle favorise le bien-être individuel et collectif, mais elle ne constitue pas une source de vérité. C'est pourquoi je soutiens que la conception spinoziste de la prophétie rapproche Spinoza d'Averroès.
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