|
Résumé :
|
Cet article propose de penser l'empreinte laissée par les hiérarchies esclavagistes dans la région du Fouta-Djallon (Guinée) à l'aune des concurrences généalogiques auxquelles se livrent présumés descendants d'esclaves et descendants de libres. Sur le plan théorique, on usera du prisme post-esclavagiste pour comprendre la domination des "grandes familles" peut non pas comme la reproduction du passé, mais comme sa réinvention et sa renégociation au présent. Enquêter sur ses ancêtres, confectionner la généalogie de sa lignée, la mettre en scène dans l'espace social sont autant de moyens de légitimation et d'assimilation des élites locales autour de l'ancienne aristocratie peul. Ces transactions généalogiques sont par ailleurs un moyen de classer et d'exclure les subalternes qui ne peuvent se revendiquer d'une quelconque ascendance libre, même bricolée, et qui trouvent dans une revendication d'autochtonie le support d'un prestige généalogique alternatif à celui de l'élite peul.
|