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Résumé :
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L'expression littéraire orale sénoufo en Afrique de l'Ouest abonde en représentations imagées du malheur, mais aussi du bonheur, qui convoquent bien souvent le nom du créateur. Dans certains chants féminins, contes ou proverbes, ou encore dans les paroles efficaces qu'on nomme "bénédictions" et qui scandent le quotidien, on voit se dessiner un discours allégorique sur ces sujets délicates, lequel permet aux humains de créer une distance salvatrices avec les émotions négatives qui naissent des moments de crise (notamment les deuils ou la précarité de la vie). Tout se passe comme si certaines expressions, en imaginant des figures fictives et excessives ou des métaphores concrètes, offraient la possibilité de penser la réalité indépassable de la souffrance et de la mort et lui opposaient un discours sur la nécessité de "refroidir son cœur". On entend par là une disposition de l'intériorité qui cherche la sérénité ou le bonheur à travers la patiente domestication des épreuves. Outre cette valorisation de la maîtrise de soi, les paroles se réclamant de la tradition orale invitent aussi à la compassion et font souvent entrevoir l'espoir. Si ces paroles foisonnantes apparaissent inséparables de situations de vie précises et de récits intimes, cette contribution voudrait interroger leur beauté, leur profondeur et leur aspect créatif au-delà du contexte qu les a fait naître. Il s'agit donc ici, à partir d'un répertoire choisi de chants, bénédictions, proverbes ou formules sur le bonheur et le malheur, de tenter humblement de cerner la richesse littéraire de l'oralité sénoufo et d'en exhumer un sens souvent dissimulé, toujours masqué par la pudeur.
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