|
Résumé :
|
Parues en 1670, huit ans après la mort de leur auteur, les Pensées forment un ouvrage composite. Elles rassemblent les reliquats d'un vaste projet d'apologie de la religion chrétienne dont les premiers délinéaments en forme de réflexion sur les miracles datent de 1656, des ébauches de développements liées aux Provinciales (1656-1657), des notes de lecture, des notations brèves valant memorandum, des citations, une esquisse d'un Traité du vide, des traductions des Écritures, etc. La disparate de l’œuvre, autant que les sujets qu'elle traite principalement, paraissent dispenser d'y rechercher aucune méditation politique organisée. Mais les 28 liasses qui dessinent les contours du discours apologétique mûri par Pascal bousculent les usages du genre. Désireux de "réfuter les principaux et les faux raisonnements des athées", selon les mots de sa sœur Gilberte Périer, Pascal s'emploie à ruiner la pente qui incline incroyants et impies à l'incrédulité en se livrant à une analyse serrée de la condition humaine. Par là, il ne se contente pas de scruter "le cœur de l'homme" (Pensées, fragment 171) ; il sonde aussi, sans relâche, "l'économie du monde" (fragment 94)
|