|
Résumé :
|
La France constitue l'une des principales destinations de l'émigration italienne, dont le caractère massif explique qu'elle fasse l'objet de politiques publiques de la part du gouvernement de Rome dès la fin du XIXe siècle. Le maillage consulaire italien en France, initialement pensé pour administrer un commerce surtout méditerranéen, évolue vers un service public d'encadrement de l'émigration, et cela à travers trois régimes : la monarchie libérale, le fascisme, et la république démocratique que nous connaissons aujourd'hui. Ces trois régimes sont très attentifs au sort des émigrés en France, du fait de l'importance des relations avec la "sœur latine". Si le fascisme se distingue par sa volonté de contrôler les émigrés au moyen d'un mélange de coercition et d'assistance sociale, les continuités sont fortes en matière d'administration consulaire, autour notamment de l'aide à des ressortissants souvent très modestes. En la matière, la France semble constituer pour les consulats italiens un laboratoire pour expérimenter de nouvelles pratiques administratives, y compris en termes de démocratisation de la relation avec les expatriés après la Seconde Guerre mondiale.
|