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Résumé :
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Cette étude se concentre sur les vers 877-906 du chant IV du De rerum natura, en proposant une lecture qui s'écarte de l'interprétation que cette section doit être comprise comme une tentative, de la part de Lucrèce, de penser la possibilité du mouvement volontaire dans le cadre strictement mécanique de la physiologie épicurienne. L'hypothèse défendue est que la question centrale abordée par le poète est celle de la disproportion entre l'âme très subtile - cause du mouvement - et la masse corporelle, et que, pour la résoudre, Lucrèce mobilise un modèle emprunté à la mécanique antique, en recourant à des métaphores techniques : le navire et la machine à tirer. Par la comparaison de ces images avec les descriptions d'engins mécaniques présentes dans les traités de Vitruve et d'autres auteurs antiques, élaborées autour du problème de la disproportion entre poids et force de traction, l'étude met en évidence la manière dont Lucrèce intègre les savoirs techniques de son époque pour rendre intelligible la physiologie du mouvement volontaire.
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