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Résumé :
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A partir de l'étude d'un exemple particulier, celui du Portique (IV, 426-431), on se propose ici d'analyser la construction du tableau du monde épicurien. Loin de constituer un ensemble d'éventuels arguments contre une telle construction, le catalogue des prétendues "illusion" de la vue énumérées par Lucrèce dans cette section apparaît bien davantage comme l'exposé paradoxal de l'"esthétique transcendantale" de l'école. Celle-ci appartient elle-même à une tradition philosophique "scénographique" caractérisée par une intense réflexion théorique sur la perspective, remontant jusqu'à Démocrite. On suggère en outre de rapprocher l'exemple du Politique de réalisations architecturales et picturales contemporaines de Lucrèce : le Portique de Pompée d'une part, les œuvres du Deuxième style d'autre part. Ces dernières peuvent dès lors, par bien des aspects, être conçues comme une tentative de mise en abyme esthétique des règles de la construction du tableau du monde par la canonique intuitionniste d’Épicure.
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