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Résumé :
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Le traitement de la lumière par la physique épicurienne prend une forme originale par rapport aux autres doctrines grecques. Lucrèce l''illustre parfaitement. S'il consacre bien une section du chant IV de De rerum natura à l'examen de certains phénomènes lumineux, à l'occasion de sa présentation de la théorie épicurienne de la sensation, il travaille également à réduire l'importance et la singularité de la lumière, malgré le rôle esthétique et poétique qu'elle joue par ailleurs dans le poème. On ne trouve pas de théorie autonome de la lumière, qui subit une forme d'abaissement théorique : celle-ci ne constitue plus une réalité particulière, condition de possibilité d'un certain type de perception comme elle peut l'être chez Aristote où elle permet l'actualisation du diaphane, mais elle ne devient qu'un cas parmi tous les phénomènes régis par la mécanique matérialiste des simulacres. Ce faisant, l'option se mue en physiologie. Les canaux oculaires, bouchés par l'obscurité et inaccessibles aux simulacres, ici les modalités et les enjeux de cette réduction de la lumière au modèle général et unifié de la sensation ainsi que la façon dont Lucrèce la prolonge jusqu'aux problèmes de l'obscurité et de l'ombre.
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