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Résumé :
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L'intuitionnisme et le formalisme sont des catégories qualifiant des philosophies des mathématiques qui ont été tout particulièrement employées lors de la "crise des fondements', et attribuées respectivement à L. Brouwer et à D. Hilbert. Elles ont pu toutefois servir également à établir des classifications et des oppositions entre systèmes philosophiques au cours de l'histoire à l'aune des pratiques mathématiques de leurs auteurs. Dans ce cadre, Descartes est régulièrement qualifié d'intuitionniste, notamment et dans des sens différents par Y. Belaval et J. Vuillemin, tandis que Leibniz se rattacherait à une tradition formaliste. La pratique malebranchiste des mathématiques est de ce point de vue singulière : fidèle à la tradition algébriste initiée par Descartes fondée sur une forme d'intuition, Malebranche promeut à partir des années 1690 le calcul infinitésimal leibnizien dont la certitude semble devoir reposer sur la validité d'un certain formalisme. Nous proposons d'analyser dans quelle mesure la catégorie d'intuitionnisme demeure opératoire pour qualifier la philosophie mathématique de Malebranche et sa cohérence, et ce qu'elle pourrait nous apprendre de sa conception de la vérité.
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