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Résumé :
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Hans Jonas a bien posé le problème que tentent de résoudre toutes les théodicées.Il s'agit de concilier la bonté, la puissance et la compréhensibilité de Dieu. Jonas montre que ces trois attributs ne sont pas conciliables. Aux yeux de Jean-Denis Kraege, renoncer à l'action puissante de Dieu dans sa création, comme le propose Jonas, n'est pas satisfaisant. La prise en compte de la liberté de Dieu a par contre pour effet de nous permettre de croire en un dieu bon, puissant et compréhensible en dépit de l'existence du mal. Elle a aussi pour conséquence de nous obliger à désobjectiver et donc à dédogmatiser notre discours à propos de Dieu. Elle oblige encore un chrétien soucieux de se confronter au problème des relations entre Dieu et l'existence du mal à partir non de la création, mais de la parole au travers de laquelle, en Jésus de Nazareth, Dieu le provoque à une rencontre. Elle l'incite même à privilégier la doctrine de la providence à celle de la création. Elle lui permet surtout de se recomprendre soi-même devant Dieu en dépit de ce mal qui le soumet constamment à la tentation de désespérer et de Dieu et de lui-même
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