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Résumé :
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Face aux atermoiements et à la lenteur de l'action internationale en matière de lutte contre le changement climatique, qu'a confirmés la dernière conférence des partie COP30) à Belém fin novembre 2025, il est très probable que la fréquence et l'intensité des catastrophes climatiques continuent de progresser en France. Les dernières années ont montré qu'outre-mer comme en métropole, rares étaient les régions échappant à ce type de risques : cyclones, mini-tornades, inondations brutales, canicules, feux de forêt, érosion côtière, etc., font régulièrement la une des médias. Et ces événements climatiques extrêmes entraînent des dommages matériels et humains considérables, dont la prise en charge sur le système assurantiel actuel rencontre des limites. Si le modèle français est particulièrement mutualisé et solidaire, les conditions de son fonctionnement méritent sans doutes d'être réinterrogées.
C'est ce que font, dans cet article Marine de Montaignac et Alice Robinet, en s’appuyant sur les travaux menés par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan. Après avoir rappelé le contexte (hausse de la sinistralité) et précisé comment fonctionne l'indemnisation des catastrophes naturelles en France, les autrices examinent les perspectives d’évolution du système à l'horizon 2050. Compte tenu des vulnérabilités identifiées et de l'impact très inégal des catastrophes naturelles selon les territoires et les groupes sociaux touchés, elle plaident pour une révision du système de pris en charge. Trois scénarios sont ainsi présentés pour renforcer la prévention et mieux mutualiser les risques climatiques : celui d'un État régulant un peu plus le marché de l'assurance des risques climatiques : celui d'un État garant de l'ensemble des risques climatiques ; et enfin celui d'un État assureur de ces risques dans le cadre d'une Sécurité sociale climatique.
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