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Résumé :
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L'année 2025 a commencé sur un coup de tonnerre impérial où pour la seconde fois, le nouvel-élu président des États-Unis d'Amérique Trump réclame l'achat du Groenland - cette fois-ci en y ajoutant la nouveauté de l'annexion du Canada comme 51e État. Les intérêts géostratégiques et économiques en vue d'un accès à l'exploitation des ressources naturelles des deux pays renforcent ainsi un certain discours extractiviste concernant particulièrement le Groenland : celui où, hypothétiquement, le Groenland serait une réserve inexploitée de richesses naturelles. Un espace quasi vide qui ne demanderait qu'à être utilisé, exploité. Ce même discours, pourtant, se confronte à une perception locale qui ne peut pas être plus différente. Les impératifs environnementaux et les impératifs politiques - comme celui de l'indépendance du Danemark - ne sont pas mis en opposition mais sont considérés comme faisant partie de la même équation. A la différence de la vision coloniale extractiviste états-unienne, la perspective n'est pas une opposition entre exploitation des ressources naturelles et préservation environnementale, mais une perspective économique et l'indépendance du Danemark. Cet article cherche ainsi à confronter un discours mainstream et colonial de ruée vers l'exploitation des ressources naturelles de l'Arctique avec la réalité nuancée et dynamique du Groenland, en utilisant le concept de "zone sacrificielle" dans un contexte de décolonialisme du Danemark.
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