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Résumé :
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En puisant aux études menées sur le "capital génétique" et la politisation des économiques animales, cet article examine la façon dont les races animales et leur circulation transnationale deviennent des enjeux géopolitiques dans l'Europe de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècles. Il s'intéresse notamment aux efforts du gouvernement française, particulièrement intenses après la guerre de Sept ans (1756-1763), pour imiter la production de laine anglaise et espagnole, et tenter de surmonter l'avantage économique dû à la meilleure qualité des races ovines de ses voisins et concurrents. Alors que l'exportation de moutons vivants était complètement interdire en Angleterre et en Espagne, les Français s'échinaient à améliorer leur cheptel ovin par des importations illicites et des accords diplomatiques. Ces entreprises culminèrent dans les années 1760, lorsque le Bureau du commerce entama une collaboration avec des agronomes, des naturalistes, des diplomates et des contrebandiers afin de faire passer des races ovines de qualité supérieure à travers la frontière maritime franco-britannique et la frontière pyrénéenne avec l'Espagne. Ces projets se développèrent en parallèle de nouvelles conceptions de la stabilisé et de la permanence des races, d'après lesquelles les animaux conserveraient leurs propriétés quels que soient les climats et les environnements. Au carrefour de l'histoire économique, agricole, politique et culturelle, le présent article développe le concept de "mercantilisme animal" pour explorer les enjeux géopolitiques inhérents aux différentes conceptions des animaux, de la race et du climat.
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