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Titre : | Défense nationale et unification européenne (2024) |
Auteurs : | Raymond Aron, Auteur |
Type de document : | Article : texte imprimé |
Dans : | Commentaire (N° 184, Hiver 2023-2024 2023) |
Article en page(s) : | 731-740 pp. |
Langues: | Français |
Mots-clés: | Raymond Aron :Défense nationale :unification européenne :Georges Pompidou :Europe :La Haye :souveraineté politique et militaire |
Résumé : |
Quarante ans ont passé depuis que Raymond Aron nous a quittés. Chaque année, à l'hiver, nous célébrons sa mémoire puisque c'est autour de lui que Commentaire s'est créée. Cette année, nous offrons à nos lecteurs trois articles le concernant : un dont il est l'auteur, plus loin Alain Besançon raconte post-mortem sa rencontre avec lui, et Tom Jacques, un de nos jeunes lecteurs, explique le rôle joué dans son éducation par les œuvres d'Aron.
L'article qui suit reproduit le texte d'une conférence que Raymon Aron a prononcée le 1er décembre 1969 à l'Institut des hautes études de Défense nationale. Le même jour, Georges Pompidou, président de la République, proposait à la Haye, devant ses collègues européens, l'achèvement, l'approfondissement et l'élargissement de la Communauté économique européenne. Aron, de son côté, constatait que l'Europe n'existait pas politiquement, et qu'en matière de défense elle préférait se reposer derrière le bouclier que lui offrait la dissuasion américaine. Depuis, deux Présidents américains, Obama et Trump, ont montré que l'engagement américain en Europe pouvait être fragile, et la Russie de Poutine, à l'est de l'Europe, ne se satisfait pas des frontières issues des traités qi suivirent la désagrégation de l'URSS. En 1969, Aron concluait que la colonisation de l'Europe par les États-Unis serait la plus confortable du monde, mais que ce n'était évidemment pas une raison pour s'en satisfaire. Il regrettait l'absence de volonté politique européenne ; l'Europe, disait-il, "se met au balcon de l'Histoire" parce que ses dirigeants se contentent de développer leur confort économique à l'ombre de la puissance américaine. Je ne doute pas qu'il penserait aujourd'hui que Poutine, comme Staline, veut mettre l'Europe hors de l'Histoire, que Biden au contraire conforte l'Europe et que l'on a bien raison en France de vouloir renforcer la souveraineté politique et militaire de l'Europe. |